Thèse sur le Taikibudo

Pour le yondan de notre école, le développement personnel de ce que peut apporter la pratique du taikibudo dans sa vie en générale fait partie du programme dans la préparation de son menkyo.

Normalement ce développement est personnel et transmis au fondateur de la discipline en particulier et reste confidentiel, conservé dans les archives de l’école.

Je vais déroger à la règle afin de faire connaître un exemple de contenu véritable qui reflète la personnalité d’un individu et son niveau de conscience par rapport à la connaissance et qui reflète son état d’esprit réel.

Un jour peut-être je publierai des écrits ou les auteurs brodent avec des principes de pensées élogieuses qui ne sont hélas que très éloignés de leur comportement quotidien.

La philosophie du "je pense, je dis (ou j’écris), je fais" n’est pas d’une évidence pour tous.

Pour l’heure, je pense que la personne qui a écrit ce texte est sincère, en accord avec elle même; ce ne sont pas des phrases puisées ici et là mais témoignent d’une recherche personnelle par une pratique assidue et surtout une relation avec tous les intervenants (élèves, partenaires, enseignants) toujours avec respect et humilité.

THESE SUR LE TAIKIBUDO PAR SENSEÏ FREDERIC N.

La pratique martiale puisant l’énergie dans l’union du corps et de l’esprit peut s’effectuer dans la pratique du taikibudo.
L’évolution des élèves se fait à travers l’apprentissage de techniques martiales à mains nues jusqu’à la projection et immobilisation du partenaire au sol, et aussi dans la maîtrise des armes traditionnelles japonaises.

Sous leur aspect guerrier, l’éducation de ces techniques, vu par le Béotien à détruire l’adversaire, constitue pour le budoka un dialogue construit avec son partenaire.

Construire cette relation de dialogue et d’échange à des fins pacifiques est nécessaire à l’épanouissement de l’individu pratiquant le taikibudo au sein de notre société.

C’est ce que je vais démontrer à travers les trois styles de pratique de l’école Taikikan usité notamment dans les rencontres nationales ou internationales.

Les rencontres en efficacité technique ne reposent pas uniquement sur la mise au sol du partenaire. N’importe quel individu peut en renverser sans précaution un autre, notamment grâce à la force musculaire.

Où est le style de l’école ?

C’est en recherchant les notions de distances, de déséquilibre, de temps : taï no sen, go no sen et sen no sen ; que doivent être exécutées, les techniques enseignées de poings et pieds jusqu’à la projection.

La projection n’est pas une fin pour celui chute mais la prise de conscience d’une faille dans sa défense ou son attaque. L’accepter et la chute devient alors libératrice, permettant ainsi reprendre le fil de son combat. Cela relève de la part de l’élève un degré élevé dans sa pratique car analyser dans quelle situation se trouve le corps et l’esprit et accepter vue de l’extérieure une amené au sol et souvent considérer comme un échec par nos civilisations occidentales.

Ainsi dans nos sociétés, nombreux sont ceux qui tombant sur un obstacle (au figuré comme au réel) s’avouent vaincues et ont énormément de difficulté à se relever. Car la « chute » n’est pas perçue comme l’art de l’esquive ou la délivrance permettant de reprendre le combat sur d’autres positions à défaut le cours de sa vie. Dans notre civilisation la notion de touche en combat est synonyme de destruction et blessure.

Toujours dans ce type de rencontre la notion de « touche » et non pas de coups portés de la part des deux partenaires traduise la bonne exécution de l’art enseigné.
Ces touches appuyées sont destinées à révéler au partenaire une faille dans sa défense ou son attaque selon le niveau des pratiquants.

Néanmoins le randori se déroule en respectant de l’intégrité physique de son partenaire.

Les randoris, sans concessions, avec les armes en bois mettent en évidence la maîtrise des élèves de hauts niveaux, en effet l’efficacité est recherchée ainsi que la précision. Ces deux critères sont atteins lorsque le partenaire a été touché, sans blessures, non pas au hasard d’une technique mais à travers une faille dans sa défense ou son attaque. Cela permet aux deux partenaires d’évoluer et de progresser ensemble dans les réalisations de leurs techniques.

Notre société moderne n’est malheureusement pas adepte de ce concept. Les perdants sont détruits moralement ou physiquement car les attaques, morales les plus courantes, ne sont pas constructives pour celui qui les portes et par celui qui les reçoit.

En considérant une attaque qui touche comme un élément indiquant une faille dans notre défense comportement et corrigeant cette dernière. Les prochaines seront vouées à l’échec.

« Tout ce qui ne nous détruit pas nous rend plus fort » selon Nietzsche, c’est ce que ce style de travail dans le taikibudo nous enseigne.

C’est dans les évolutions en randori en « libre – entraide » que transparaît tout le style de travail en taikibudo.

Il repose sur l’acceptation des techniques du partenaire et de la place détenue au cours de l’échange. En étant attaquant (Uké) puis par la suite défenseur (Tori), cela devient facile pour les élèves d’être à l’écoute de l’autre.

Les attaques portées par Uké sont autant de questions pour Tori auxquelles il se doit de répondre convenablement dans le respect des techniques apprises. Cela permet de juger de l’évolution dans l’apprentissage du taikibudo.

En détail une attaque doit être sincère et adaptée à l’ouverture dans la garde de tori ou bien encore destiné à créer cette faille. Le défenseur a néanmoins la possibilité de retarder sa contre attaque et recherche les conditions optimales de déséquilibre de son partenaire pour répondre définitivement si nécessaire à l’attaque posée.

La cohérence de ces échanges réside sur la capacité à poser des questions multiples sous forment d’attaques et l’analyse des réponses sous forment des défenses qu’à effectué le partenaire.

L’espèce humaine est la seule capable de se poser des questions y apporter des réponses équivaux à faire un cadeau. C’est une notion qui différencie le taikibudo du sport de combat où aucun cadeau n’est fait.

Cela ne peut se réaliser qu’à condition que les partenaires acceptent totalement ce type d’échange.

En effet quel est l’intérêt de bloquer toutes techniques dans le but unique de faire échouer l’évolution de son partenaire ? Sinon se trouver grandit au regard d’autrui.

C’est ce qui est souvent recherché dans les rapports entre les êtres humains de nos sociétés modernes. L’échec souvent induit par les questions d’autres individus permet à ces derniers de se distinguer en paraissant meilleurs. Mais pourquoi si cela n’est motivé que par la jalousie ou la quête du pouvoir.

Mais évoluent-ils dans la même civilisation en poussant leur congénère vers le bas au lieu de les tirer vers le haut.

Le mérite ne réside-t-il pas dans l’aide apportée afin de donner les outils nécessaires toute réussite humaine ?

Ainsi la victoire est partagée !

C’est à cette question que répond l’évolution dans la pratique des échanges en randori pré arrangé.

Vu de l’extérieur les élèves évoluent dans un combat sans concession, mais ces derniers sont bel et bien associé dans la réussite ou la défaite de leur prestation.. Les attaques sont portées sans complaisances mais avec une maîtrise dans leurs exécutions. De ce fait les techniques de défenses sont justifiées et adéquates afin de ne pas dériver vers le spectaculaire.

La présentation d’un enchaînement résulte de nombreuses heures de préparation à deux, une confiance dans l’exécution des techniques de la part de chaque partenaire.

Cette transposition dans notre de cet état d’esprit fait avancer un groupe d’individu vers un objectif commun et favorise ainsi l’accomplissement de taches réputées difficiles.

Evoluer l’un avec l’autre et non l’un contre l’autre permet de surmonter les épreuves. La confiance nécessairement porter au partenaire renforce la cohésion et l’avancement dans l’exécution de la tache par le groupe.

Le taikibudo dans cette conception de travail permet l’évolution des individus au sein du groupe. Ils favorisent alors la monté en puissance dans le travail de ce groupe.

Dans nos sociétés on privilégie l’individu et non le groupe, c’est à qui réussira au détriment de son voisin. La télévision programme des émissions où des individus font alliance et

Dés alliance pour finalement triompher sur le «  dos » de leurs anciens partenaires.

Dans le Taikibudo la meilleur des progressions se fait collégialement. Amener un camarade au plus haut niveau devient une satisfaction pour le groupe.

En effet à travers ces trois types de rencontre et styles pratiques des multiples techniques étudiées dans le Taikibudo, l’ élève a les outils lui permettant de se forger une ligne de conduite, si l’enseignement du Budo se fait dans le respect et la longévité de tous les pratiquants.

L’application du Taikibudo à des seules fins martiales est un non sens. Mais sa pratique telle quelle est transmise favorise l’évolution de l’individu dans un groupe et dans la société.

Car la communication dans le travail et l’entraide sont l’essence d’une vie en société.

Merci à toi Frédéric mon ami d’avoir pu exprimer avec simplicité ta vision de ce qu’a pu t’apporter la pratique de notre art. Ce que tu dis à la fin est primordiale et constitue l’essence même de l’école; celui qui n’aboutit pas à cette conclusion ne peut pas être un représentant digne non seulement du taikibudo mais d’aucun budo en général.

CV de Frédéric N. de 1986 à 2002 en cliquant ICI