Bilan suite et fin

Bien sûr d’autres professeurs m’ont fait évoluer et j’en garde un souvenir respectueux :

M. RATE, M. DELPECHE (1973); mes deux premiers professeurs de karaté qui m’ont transmis le plaisir de rechercher le geste parfait, la volonté de perfectionner le mouvement inlassablement sans se poser de question, juste pour le plaisir de sentir, de ressentir.
M. BINDEL (1979); créateur de l’école française de budo a toujours été très présent dans la vie du club de montereau; en retour, nous avons été présent à de nombreux stages et manifestations diverses pendant plus de quinze années; aussi c’est avec satisfaction que nous pensons avoir rempli notre rôle envers lui et son école. Une pensée particulière pour M. Richard Claude expert en Aïkido et kempo boxing avec qui nous avons partagé de nombreux stages.
M. MOCHIZUKI (1979-1991) ; ce passionné d’Arts Martiaux qui avec subtilité créa une école sans frontière entre la tradition extrême orientale du Budo et les sports de combat occidentaux et qui a essayé de m’ouvrir l’esprit de recherche sans cloisonnement entre les différentes techniques, une certaine liberté d’interprétation.
M. RIESSER (1990-1996) ; la tradition n’a pas de frontière; il ne se contente pas de le dire, il le démontre en permanence ; il m’a apporté beaucoup sur des notions essentielles telles que le juste milieu, la responsabilité de son évolution et le développement de ces sensations internes; l’important n’est pas de connaître le début et la fin d’un mouvement mais ce qui ce passe entre les deux.

Après ce parcours riche et varié, c’est tout naturellement que le TAIKIBUDO voit le jour avec la contribution de certains élèves de Denis GAUCHARD :
A noter que le TKB existait bien avant d’être déclaré officiellement

Pierre-Yves CAMPACNAC (Yodan Taikibudo et Jujutsu IMAF)

Fréderic NORET (Yodan Taikibudo et Jujutsu IMAF)

Patrick RAPINIER (Sandan Taikibudo et Jujutsu IMAF)

Olivier JUHAN (Sandan Taikibudo et Jujutsu IMAF)

Gilles ARDOIN (Yodan Taikibudo et Sandan Jujutsu IMAF)

Jocelyn BUTTER (Sandan Taikibudo)

Fabrice HOUPEAUX (Yodan Taikibudo et Sandan Jujutsu IMAF)

Les grades stipulés ne correspondent pas obligatoirement au niveau actuel.

C.A.M.A  Cercle d’Arts Martiaux Association

  1999 : Création d’une association regroupant les clubs d’arts martiaux qui veulent suivre et appliquer un programme commun technique, pédagogique et éthique selon les principes de l’école Taikikan et de ses fondateurs en proposant l’étude, le développement et la pratique de l’ensemble de ses disciplines.

   Le Cama-Taikibudo propose la pratique du Kenpo (poings/pieds), du Jujutsu (self-défense) et du Kobudo (armes) de l’école Taikikan ou de l’ensemble de ces disciplines sous l’appellation Taikibudo. L’orientation de cette école ne porte pas uniquement sur l’efficacité technique et physique en combat mais aussi et surtout sur l’aspect relationnel entre les pratiquants (entraide et prospérité) ainsi que sur son évolution personnelle (respiration, attention, décontraction)

   Dans notre école le "TAIKIBUDO", l’affrontement n’est qu’apparence puisque "les partenaires" évoluent en toute complicité; ils travaillent ensemble et non l’un contre l’autre. On insiste dans notre pédagogie sur la notion de touche et non de frappe. Les compétitions font place aux rencontres techniques où les prestations se font par équipes de deux. A la lecture de ces quelques lignes, j’espère que vous comprendrez que nous revendiquons notre image d’art martial pacifique dans le respect d’évolution mutuelle de nos pratiquants.

   Il faut faire la différence entre l’art martial qui puise son utilité première sur l’efficacité en temps de guerre (attaquer pour tuer; se défendre pour éviter d’être tué) et le budo qui donne un sens différent aux notions d’attaque et de défense:

Attaque : capacité à donner
Défense : capacité à recevoir

La capacité à communiquer est donc l’essence même du BUDO

   Cette capacité à communiqué ne peut se faire sans une certaine compréhension du “ki” ou énergie qui pourra permettre une harmonisation entre les uns et les autres en ayant conscience du temps présent et de l’environnement. La capacité à être présent est une recherche essentielle en Taikibudo qui avant tout prône le développement de la personne et non l’anéantissement de l’autre. Dans notre école, priorité à la mise en application des techniques apprises en cours autant avec armes que mains nues ; pour cela trois sortes de ‘rencontres’ sont proposées :

1. Rencontre "efficacité technique"
   Dans notre école, une priorité; la santé. Aussi nous semble-t-il utile que l’intégrité physique des pratiquants soit assurée tout en permettant des échanges réalistes empreinte du style technique et de l’état d’esprit du TAIKIBUDO.           Quand on parle d’efficacité technique, on donne bien sûr une priorité à la qualité du geste et à son aboutissement c’est à dire la touche pour ce qui est des percussions, le déséquilibre pour ce qui est des projections ainsi que la maîtrise au sol pour les différentes immobilisations. Les mots ont leur importance, ainsi l’on parle de touche cela doit est très différent de la frappe; on touche le partenaire pour lui faire comprendre qu’il y a une faille dans sa défense et à aucun moment il n’y a de recherche de sonner l’adversaire. Et même plus, la touche non technique sera sanctionnée. Il en est de même pour les projections qui ne doivent pas être tentées à tout prix en force sans notion de déséquilibre.
  Pour finir les immobilisations au sol doivent se faire à la suite immédiate de la projection afin que l’échange ne devienne pas une confrontation physique de corps à corps en force. Des protections légères sont indispensables afin de pouvoir toucher le partenaire sans risque ainsi que de pouvoir se protéger de la technique accidentellement trop appuyée. Toutes ces notions d’efficacité technique sont bien sûr applicables pour les armes en mousse adaptées à cet effet. Être efficace par la technique mais être respectueux de son partenaire ainsi que de la forme technique de notre école voilà qui demande un état d’esprit spécifique et devra en permanence être analysée par les différents enseignants afin que l’image du combattant pacifique de l’école Taikikan soit une réalité.

2. Rencontre libre entraide
  
Ces rencontres sont vraiment l’occasion pour les élèves dévaluer leur potentiel technique ainsi que leur état d’esprit. En effet contrairement à la rencontre efficacité technique où chaque intervenant essaie d’empêcher son partenaire à marqué des points ; il s’agit là de donner des techniques d’attaque (les questions) dans un esprit d’entraide mais sans complaisance afin que le partenaire trouve des solutions de défense (les réponses) dans un délai et une logique acceptable.
  
L’attaquant est noté sur les notions de distance, la variété et la qualité de ses enchaînements ainsi que sur cet esprit d’entraide ; notion du juste milieu entre faciliter excessivement les tentatives de défense du partenaire ou au contraire tout bloquer en force (ne pas accepter). Par ailleurs pour les plus hauts niveaux, empêcher le défenseur de rentrer une technique peut être une autre question à laquelle ce dernier devra trouver une réponse (savoir utiliser la force d’opposition) Le défenseur sera notée sur la logique de ses parades, de ses esquives, de ses contre-attaques et surtout sur sa capacité qu’il aura à saisir l’opportunité de rentrer telle ou telle technique en se conformant à la logique ainsi qu’au style de l’école. On s’aperçoit tout de suite que l’on est loin de la recherche d’efficacité physique ou chacun essaie d’écraser l’autre, parfois sans style et sans technique. Mais la maîtrise de l’adaptation aux différentes situations n’est-elle pas une recherche d’efficacité ; nous le pensons et en plus elle sera bien plus profitable dans la vie de tous les jours. Toutes ces notions de libre entraide sont bien sûr applicables pour les armes adaptées à cet effet.

3. Randori Pré arrangé
  
Le 3e type de rencontre de notre école consiste à présenter un enchaînement préparé à l’avance tant avec armes que mains nues avec un partenaire de son choix. Cet enchaînement devra refléter l’éventail technique du Taikibudo avec un réalisme partagé entre les attaques et les défenses sans jamais tomber dans le spectaculaire. Chacun des protagonistes deviendra selon les besoins de la préparation Tori ou Uké (défenseur ou attaquant) sur un temps déterminé à l’avance selon les catégories.

Le jugement portera sur plusieurs critères :

la créativité (enchaînements plus ou moins sophistiqués mais toujours logiques en respectant le style de l’école)
le réalisme (cohérence d’une projection qui doit correspondre avec un déséquilibre, attaques qui doivent respecter les notions de distance ainsi que la précision)
la technique (adaptation logique d’attaque ou de défense et respecter la forme de corps adaptée au style de l’école).

   C’est d’ailleurs avec ce dernier type de ‘rencontre’ que nous participons activement aux diverses compétitions organisées par l’I.M.A.F avec des résultats honorables tant au niveau national qu’international.

   Pour conclure, j’aimerais  remercier certaines personnes qui m’ont fait confiance au sein de cette organisation traditionnelle qu’est l’I.M.A.F et qui pour moi représente un vrai patrimoine pour les arts martiaux authentiques ;

Patrick BREGIER Resp. Tech. et Renshi de l’académie Yiseishindo et qui a pris de son temps et de sa peine afin de nous infiltrer auprès de cette fédération internationale.

Antoine TORRES président et Kyoshi de I.M.A.F-France et qui m’a permis d’évaluer mon niveau auprès des plus hauts responsables techniques internationaux et qui a accepté notre intégration en tant que discipline à part entière.

Hans RAUCHER Président et Hanshi de I.M.A.F-EUROPE qui nous a apporté à plusieurs reprises son  soutien et son intérêt  pour notre investissement à représenter du mieux possible le BUDO traditionnel.

Et puis un clin d’œil à Jean-Pierre ARTIGE un ancien de chez Maître Cocâtre avec qui nous avons sympathisé lors du stage IMAF à Düsseldorf (Allemagne) en Octobre 2003 et qui nous a permis un bel article dans la revue ceinture noire.

 

Denis GAUCHARD

Fondateur de l’école Taikikan

Kyoshi et Rokkudan (imaf-France et Japon)