Représentant d’une discipline

Pour faire suite à certains propos de l’article précédent

Kobudo école Taikikan

J’aimerai ici donner quelques précisions sur la responsabilité d’un pratiquant qui se donne pour objectif d’être le représentant d’une discipline.
Il y a bien sûr le pratiquant qui ne demande rien à personne, qui suit sa route tranquillement, qui vient régulièrement suivre son cours et qui à un certain niveau et à la demande de son senseï aide à l’encadrement, il ne se pose pas de question et il a bien raison sur la responsabilité qu’il peut avoir en tant que représentant de la discipline puisqu’il ne se sent pas spécialement concerné par cette attribution.
Ce pratiquant, souvent cité en exemple à toute ma sympathie, toute mon attention et s’il est présent de temps à autre aux différents stages techniques et peut-être même prend un petit cours  particulier avec le fondateur, il n’a d’autres prétentions que de se perfectionner lui-même et pour cela est digne de respect en plus d’être souvent le moteur pour la motivation de bons nombres d’autres pratiquants.
Ce pratiquant digne d’intérêt peut aussi devenir l’assistant du Senseï et peut-être même un jour s’il le désire prendre la responsabilité d’un club, il pourra continuer son évolution personnelle et être un bon représentant de la discipline qu’il enseigne sans prétention aucune, simplement ………………………………………………………. avec toute ma gratitude.

Et puis il y a ceux qui veulent aller plus loin, il en faut mais pas trop et de toute façon ce n’est pas accessible à tout le monde, il faut consacrer de l’énergie, du temps et surtout être passionné et se sentir investi d’une responsabilité sur le fond de la discipline qu’il représente et pour cela être en osmose avec l’état d’esprit non seulement de l’école mais aussi de son représentant ou mieux de son fondateur est un passage obligé pour un temps.
Quand je vous parlais du respect que j’ai toujours eu envers mes "Senseï" que je les considère comme professeur ou maitre, ce qu’ils m’ont apporté n’a été possible que parce que je me suis également investi pour être à un moment le plus imprégné possible de leur enseignement.
Certains consacrent du temps et de l’argent pour aller faire des stages d’autres écoles, d’autres disciplines; c’est une bonne chose pour l’ouverture d’esprit, élargir ses connaissances mais il faut quand même se demander ce que vous consacrez pour la discipline que vous voulez représentez (je parle uniquement de ceux qui se considèrent à mes cotés, à égalité en tant que cofondateur, c’est à dire très peu).
Certains en connaissent plus sur la généralités d’autres disciplines que celle qu’ils sont censés représentés et je vais me permettre de retracer un peu le parcours que j’ai effectué dans les différentes écoles qui font que le Taikibudo à des origines solides car je pense avoir à un moment trempé mon maillot pour me permettre d’être responsable de représenter ces écoles ainsi que leur Senseï (bien sur à un moment précis de leur existence)
Ce ne fut pas toujours facile car comme certains l’ignorent j’ai également eu une vie professionnelle, familiale, des enfants, des obligations, le manque de moyens, l’éloignement géographique des lieux de stage car les prétextes sont nombreux pour justifier les impossibilités de s’investir mais ce n’est nullement une obligation, c’est un choix que je ne regrette pas et c’est cela le principal.

Une fois, un sempaï gradé s’il en est et que j’adore m’a lancé ironiquement "c’est le bon rôle d’être fondateur", et bien je lui souhaite de lire ces quelques lignes et de faire le point sur son propre parcours.

Je passerai rapidement sur mes début en Karaté avec M. Delpech et M. Rate, des références toujours présentes en moi mais à ce moment précis je n’avais pas d’objectif précis sur ma relation avec la discipline concernée.
Puis la période de l’école R. Cocâtre de Bushido ou là ce fut la révélation et je pense m’être donné les moyens pour pouvoir en parler en toute connaissance de cause; cours particuliers une fois par mois pendant près de trois années et à la disparition de Maitre Cocâtre, une semaine complète avec Madame Cocâtre en Provence ainsi que l’invitation de cette dernière pour dirigé un stage à Montereau.   Je pense donc que quand j’incorpore dans notre école un certains courant du style Cocâtre, je ne suis pas un usurpateur mais bien un digne représentant de ce style qui honore la mémoire de son fondateur.
Pour la petite histoire Claude Falourd (un personnage) était présent dans le jury à la présentation de ma première ceinture noire au coté du maître Cocâtre.
En ce qui concerne le kobudo, en particulier le nunchaku, le saï et le tonfa, on peut dire que toutes mes bases viennent de là avec une attention particulière au bojitsu très spécifique de l’école Cocâtre et que je travaille toujours.

Puis la période Yoseikan de Senseï Mochizuki; je jette un œil sur mon passeport et je vois douze timbres de 79 à 91 et surtout je vois soixante cinq stages régionaux, nationaux et également privé, j’ai également grâce à Jean-Paul Bindel Senseï partagé quelques cours particuliers avec le fondateur de cette école, j’ai effectué également quelques sessions spéciales comme à la Bourboule (avec mon élève et ami Laurent Parey) pour la préparation de mon Sandan et également quelques stages d’été sur une semaine complète (vous savez là ou on mouille le kimono)

Nous avons fait venir les plus grands représentants de la discipline (Michaud, Watanabé) pour nous perfectionner.
Je pense donc encore une fois que je peux sans prétention aucune honoré la mémoire de cet enseignement et de son fondateur en incorporant dans notre école quelques représentations techniques du yoseikan budo de cette époque pour ce qu’il a pu apporter à l’élaboration du Taikibudo.

Puis la période de l’école française de Budo avec senseï Bindel à qui je dois le respect car sans lui je n’aurais jamais connu l’école yoseikan et son fondateur; grâce à lui également j’ai pu toucher à certains aspects des sports de combat comme le Kick boxing et le kenpo boxing et il m’a également permis d’être en relation directe avec certains grands noms comme Concalves, Valéra, gérard Olivier, Claude Richard (une référence) et bien d’autres encore.
Jean-Paul Bindel est venu un nombre de fois considérable à Montereau, et nous même avons été un peu partout en stage qu’il organisait; en ce qui concerne le Jujitsu, il était d’une efficacité remarquable autant qu’un bon pédagogue et m’a apporté un maximun d’évolution, j’ai également pris quelques cours particuliers avec lui, passé une semaine complète et dormi dans son dojo. La spécificité de notre école de Iaido est passé par lui puisqu’il m’avait demandé pour la présentation de mon Godan et du Renshi à l’IFNB (le premier de l’EFB) de préparer des séries qui sont toujours d’actualités aujourd’hui.
Et donc encore une fois, il ne faut pas cracher dans la soupe comme on dit et reconnaitre que l’on ne se fabrique pas tout seul et même si les routes se séparent car les sensibilités de chacun doivent pouvoir s’exprimer, il est primordial de savoir d’ou l’on vient pour prétendre savoir ou l’on va, ceux qui viennent de nul part ne trouverons jamais leur chemin.

Puis la période de l’école Hakko ryu avec Senseï Riesser avec qui il faut le dire j’ai ressenti le coté traditionnel de l’enseignement d’origine, tu regardes, tu reproduis, tu as compris alors démontre moi, tu es présent je m’intéresse à toi, tu es ailleurs, tu n’as rien à faire ici.

J’ai en tête quelques anecdotes de personnes qui ce sont cassées les dents parce qu’elles prétendaient savoir ou qu’elles n’acceptaient pas de se remettre en question.

Uchi deshi vous connaissez
Quelques séminaires de trois jours en dormant dans le dojo autant en jujutsu qu’en technique de santé, voilà comment on s’imprègne de l’état d’esprit d’une école, deux stages très fermés sur une semaine sur place en plein air en participant à toutes les tâches pour les besoins du groupe, il faut l’avoir vécu pour savoir à quel point le corps et l’esprit est entièrement disposé à avancer, à accepter (il faut vider sa tasse avant de la remplir)
J’ai également eu le privilège de partager en tête à tête quelques repas avec ce personnage hors du commun ou le partage d’idées fut très constructif.
Là également je pense pouvoir me permettre de démontrer un peu de ce que cette école m’a apporté afin de l’intégrer au fondement du taikibudo (attention, respiration, décontraction) ainsi que les bases en technique de santé.

Puis la période IMAF, je ferais un petit clin d’œil à Patrick Brégier qui était en phase avec ma vision des arts martiaux et en particulier du budo traditionnel (la tradition n’a pas de frontière)
Grâce à lui j’ai pu rencontrer Antoine Torres Senseï un personnage qu’il faut connaitre avant de le juger, croyez moi dans le monde des arts martiaux, les loups ont la dent longue et Antoine T. pourrait écrire un livre sur cette "grande famille" ou souvent la philosophie est à ras des pâquerettes.  Heureusement il y a aussi des personnages extraordinaires qu’il m’a été permis d’aborder et ce à tous les niveaux.
Bien sur Sato senseï, un exemple à suivre tant en technique que sur le plan humain fait également parti de ceux qui ont motivé ma détermination à aller jusqu’au bout de mes convictions.

John Gage Senseï qui malgré la barrière du langage m’a fait partager des moments de complicité et de respect mutuel.

Mais également certains pratiquants de tous niveaux qui avec humilité et discrétion se consacre au perfectionnement de leur art sans égocentricité aucune (j’en parlerai plus en détail, car certains méritent vraiment qu’on s’y attarde).
Je regarde mon passeport et je vois une douzaine de timbre de 99 à aujourd’hui quelques quarante cinq stages régionaux, nationaux, internationaux, ce merveilleux stage de quinze jours au Japon.
Le titre de Kyoshi qui m’a permis de développer mon sentiment de ce qu’a pu m’apporter toutes ces années consacrées aux arts martiaux, mes réussites, mes échecs et l’utilité que j’ai pu avoir pour le développement des mes élèves dans la vie en générale.

Et là encore et pour finir je pense que je peux me permettre de représenter dignement cette institution sans craindre d’usurper quoi ou qui que ce soit.

 

Voilà mes amis cette petite bafouille tourne à sa fin et simplement pour vous dire que si cela tente quelqu’un de représenter le taikibudo et de faire partie des "soké" de l’école, il faut un peu prendre sur soi même et prendre certaines décisions à la  mesures des responsabilités associées à ce titre.

Le taikibudo n’étant qu’une poussière dans l’immense jungle des arts martiaux, on peut se demander pourquoi tant de protocole, venez me voir je vous délivrerais quelques secrets.