Paul et Mick

Promotion de grades et de titres prestigieux en tous genres.

 

Les arts martiaux sont une grande famille, vous connaissez tous ce slogan; mais la famille souvent se déchire quand il s’agit d’héritage, de succession, du droit du nom ou de transmission de patrimoine.
Dans cette grande famille des arts martiaux, pour le moins que l’on puisse dire, c’est un peu le foutoir et chacun y va de son envie de surpasser tout le monde en certitude de légitimité d’exister, de s’attribuer des grades ou des titres voir de créer son école (possible si l’historique est cohérent) sous couvert d’organisation qui vous accordent tout pourvu que vous veniez grossir ses rangs gage d’une puissance et d’une reconnaissance absolue.

La tradition n’ a pas de beaux jours devant elle et certains membres de cette belle famille en dehors de toute logique culturelle des arts martiaux accèdent à des grades et titres en des temps records qui parfois laissent rêveurs et ne peuvent tromper que les néophytes.
Au travail, cela s’appelle “promotion canapé” ou “passer sous le bureau”.

 

Tout cela bien sûr n’est pas enclin à donner une bonne image de nos pratiques et le manque de sérieux et de cohérence dans le parcours de certains “senseï” n’est pas un exemple à suivre pour qui veut suivre une expérience véritable sur le vrai cheminement d’un budo traditionnel qui normalement participe à votre évolution personnelle.
Mais attention, les grades ou les titres acquis sans aucune logique, aucune maturité ont tendance à vous revenir dans la tronche à un moment ou à un autre et c’est une bonne chose.

 

Mais comment peut-on en arriver là; soif d’orgueil, imbu de sa personne, prétention, manque de reconnaissance, suffisant, présomptueux, vaniteux ………

Nous trouvons aussi dans certains dictionnaires :
se croire sorti de la cuisse de Jupiter
ne pas se prendre pour de la crotte de bique
avoir le melon
se regarder le nombril
ne plus se sentir pisser
excusez du peu !
péter plus haut que son cul

Allez, quelques exemples quand même, et ce ne sont pas des bruits de couloir mais du vécu :

Et comme le dit mon ami Pierre-Yves on ne parle pas d’une référence technique quelconque mais simplement de la cohésion d’un parcours surtout quand l’on se réfère de la tradition.

Quand je vois un parcours en Aïkido, 2e puis 4e puis 6e, quelque chose m’échappe, surtout quand l’on clame qu’une ceinture n’est là que pour tenir son pantalon personnellement mon parcours est un peu plus cohérent.

Quand je vois un cinquième dan qui passe 7e dan en temps record avec un titre de kyoshi en prime, je me demande si vraiment on connait ce terme et ce qu’il signifie.

Quand je vois un troisième dan (j’étais responsable du jury)  qui  devient 5ans plus tard 7e dan et kyoshi de plus en Nihon Jujutsu; maestro s’il vous plait; j’ai mis  personnellement 7 ans pour passer de 5e à 6e (je dis bien passer) devant une commission digne de ce nom et puis ensuite 6 ans pour obtenir mon 7e avec thèse et condition requise pour les titres de renshi et kyoshi, mais tout le monde ne peut pas être surdoué.

Je me demande simplement que peuvent bien transmettre tous ces illustres maîtres (en dehors de la technique que je ne me permettrais pas de juger) sur les valeurs inhérentes à la tradition des arts martiaux. Comment peuvent-ils demander à leurs élèvent de persévérer, de travailler pour mériter un grade.

Je n’ai jamais prétendu faire des prouesses physiques et techniques  (casser quatre patte à un canard), mais quand je me regarde dans la glace (pas le nombril) je suis assez fier de mon parcours, régulier, cohérent et aucun problème à en parler quelque soit le niveau de mon interlocuteur.

Et puis par exemple, il est important que quelqu’un puisse témoigner de votre présentation effective à l’obtention de tel ou tel grade et cela au moins jusqu’au 6e Dan car le plus souvent pour les cas cités, il n’y a pas de présentation devant un jury représentatif mais une équivalence sur dossier et une bonne dose de blabla. pour mon 5e et 6e, mes élèves parmi les plus gradés me servaient de uké et peuvent donc témoigner non seulement du contenu présenté mais également de la présence d’un jury effectif .

Idem pour notre école, je pense que ceux qui en font partie, parmi les plus hauts gradés, quand ils font l’historique de ce parcours savent que les fondements sont solides et que à part les problèmes d’ego de certains insatisfaits permanents, on peut marcher la tête haute. Il est toujours facile de faire le senseï devant des débutants avec personne au dessus pour vous rappeler à la mesure, pour ma part je m’en suis toujours remis à des instances supérieurs pour valider ma position, mais être reconnu avant de se reconnaître soit même est la vrai voie.

 

J’ai toujours honorer mes divers enseignants  et la plupart peuvent témoigner de mon parcours logique.

Tous mes professeurs, experts ou maîtres sans exceptions, ils ont tous contribués à mon évolution et m’ont apportés chacun à leur manière et certains plus que d’autres, les instruments nécessaires à l’élaboration non seulement  du taikibudo mais à ma conception de ce que représente la pratique d’un budo dans la vie en générale.

1967-1972 : Début des sports de combats avec la lutte sous la férule de M. Royo Georges. (avec quelques titres que je ne m’attarderait pas à énumérer)

1973-1976 : Début en Karaté à Avon 77 avec M. Delpech et M. Rate. (également quelques résultats)

1977-1979 : Passage de la ceinture noire 1er Dan (1976) et 2e dan (1979) de l’école R. Cocâtre de Bushido (ma référence) en Karaté, Kobudo et Jujitsu. Pour l’anecdote Claude Falourd Sihan était dans le Jury.

1980 : Yoseikan Budo de Hiroo Mochizuki Senseï (1er Dan, 1983 : 2e Dan, 1987 : 3e Dan (Présentation effective)

1985 : Diplôme de félicitation des mains de Me Minoru Mochizuki.

1993 : Professeur et 4e Dan de l’école française de Budo avec M. Bindel Jean-Paul (représentant IFNB)

1994 : 3e Dan de l’école Hakko-ryu en Jujitsu (présentation effective) et technique de santé énergétique (shiatsu et goshin taiso) sous la direction de l’école Okuyama avec M. Riesser.

1996: Diplôme de 5e dan en Kenpo (I.F.N.B) par l’Ecole Française de Budo.

1997 : Ceinture noire 5e degré du comité national de budo avec le titre de Renshi ; diplôme japonais I.F.N.B (International Fédération Nippon Budo). Diplôme de 5e dan en Jujitsu (I.F.N.B)

Note : volontairement sont ignorés les diplômes d’enseignants ou de grades obtenus à cette période en kick boxing, kempo boxing, Full boxing et sambo-défense qui ne sont pas représentatifs de la voie que je me suis fixée.

1999 : Certificat de 5 Dan en Kobudo (présentation effective à la demande de Patrick Brégier) par la fédération international d’arts martiaux (IMAF) des mains de Me Shizuya Sato (9e dan Hanshi)

2001 : Présentation du 6e dan en Nihon Jujutsu à la demande de Antoine Torres lors du stage international en Belgique (14/10/2001) devant un Jury composé des senseï Sato, Tose, Nobetsu, Kondo et Rauscher.

2002 : Thèse de renshi acceptée pour le Nihon jujutsu, 2003 : idem en kobudo.

2008 : Thèse de Kyoshi acceptée pour le Nihon Jujutu.

2012 :  Remise du 7e dan en Nihon Jujutsu  des mains de HIGUSHI Senseï.

Ma première pensée en écrivant cet historique sera pour le Me Cocâtre sans qui je n’aurais certainement pas eu la motivation nécessaire à poursuivre cette voie si difficile du budo.

Tous mes élèves, actuels ou passés sans exceptions, ils ont été à maintes occasions le moteur de mes passions, pour la plupart une réussite relationnelle, et n’ont pas manqué de me manifester leur fierté à l’occasion de ma dernière promotion (ils connaissent mon parcours) mais cela fera l’occasion d’un thème à part entière.

Egalement je tiens à dire que des parcours plus prestigieux existent et que je suis toujours admiratif d’une volonté farouche à avancer en respectant les règles sans se vendre au rabais; quelques hauts gradés rencontrés ici et là sur les tatamis font partie des pratiquants que je respecte, mais là aussi cela se fera à l’occasion d’un thème spécifique car on ne mélange pas les torchons et les serviettes.

Voilà mes amis, et comme je l’ai déjà dit ne vous inquiétez pas pour mes chevilles; j’ai la pommade qu’il faut.

3 réflexions sur « Paul et Mick »

  1. cela me désole de voir ce genre de comportement. et en plus, ils sont fiers d’arborer leurs grades obtenus à coups de licences et d’euros et non à la sueur de leurs fronts. et c’est vrai que ces grandes fédérations nous parlent de l’esprit martial. quel exemple qu’ils donnent en bradant la valeur d’un grade. mais nous sommes dans une société où l’image, le prestige, l’apparence compte plus que tout.

    pour ma part, je suis très fier de la façon dont j’ai obtenu mes grades. je n’oublierai jamais l’investissement que j’ai du produire pour les obtenir, surtout pour le Shodan et encore plus pour le Sandan. fier d’avoir honorer mon sensei en les obtenant. fier d’avoir honorer ceux qui ont validé mes passages de grade. fier de faire partie d’un cercle qui m’apporte plus sur le plan humain que sur le plan du prestige.

    ps : un parcours plus qu’honorable sensei denis. oups, sensei Gauchard ;). certains je pense même non pas fait la moitié et son déjà aussi gradé que vous. je leur tire mon chapeau mais chapeau de paille, il ne mérite pas plus à mon sens.

  2. Bon allez, l’instant de l’incompréhensibilité passé, je pense qu’il vaut mieux ignorer ces agissement de bas niveau et consacrer son énergie à évoluer soi-même ou faire évoluer les autres dans la vraie voie d’une discipline ou seul le résultat de son travail compte et la satisfaction de pouvoir servir d’exemple par son parcours cohérent et être ainsi en mesure de demander aux autres une rigueur constructive.

  3. Super le titre !!! j’ai pas compris de suite !!! (Ré)agir en conscience et assumer, c’est la première leçon du Budo … Celle qui fait mal … Mais on s’habitue … ou pas …
    Une autre expression intéressante : tenir droit dans ses bottes (J’aime bien les westerns). Faudrait trouver un équivalent pour Samourai, du type « à l’aise sur ses getas » …

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