La valeur des ceintures, grades et titres

Après quelques discussions à ce sujet avec quelques personnages de hauts niveaux dans nos instances de tutelles, j’avais envie de partager avec vous quelques réflexions autant personnelles que glanées ici et là.

 

Pour ma part, la valeur d’un niveau est en proportion à la valeur que vous accordez à l’organisation qui vous le délivre et aussi et surtout à la valeur que vous attribuez à la personne représentante de cette organisation et par qui ce niveau va être reconnu et peu importe que cette attestation soit officielle ou non.

Quelques exemples; ma première ceinture noire, attribuée par un jury dont le principal responsable n’était autre que Raymond Cocâtre Senseï , je peux vous dire que je la conserve comme un trésor et que je la porte de temps en temps histoire de ne pas oublier (l’école R. Cocâtre était dissidente de la Fédération de Karaté).

Et ce n’est pas notre ami Pierre-Yves Campagnac senseï qui me contredira puisque j’ai eu beaucoup de mal à lui faire porter sa ceinture actuelle qui correspond également à un témoignage de reconnaissance de notre structure et que c’est nous faire honneur que de la porter, c’est aussi une reconnaissance de gratitude envers celui qui vous a permis d’y accéder.

Certificat

Un jour, un professeur d’un autre art martial m’a fait la réflexion comme quoi sa ceinture était officielle, la mienne non ! ouf, un point sensible venait d’être levé. Si par officielle il entend reconnu par une fédération française agréée, pas de problème mais si il entend (et c’est la plupart du temps comme cela) plus efficace, là la réponse fut vite envoyée.
Imaginons que je t’envoie un bon Tsuki dans le nez, est ce que tu penses  que vu que ma ceinture n’est pas officielle tu vas te relever plus vite (non, ce n’est pas possible; Denis ne parle pas comme cela) mais ça c’était avant, en réajustant mes lunettes. Et de rajouter; Si tout ceux qui possèdent un permis de conduire officiel savait conduire, il y aurait beaucoup moins d’accident donc j’en déduis que officielle ou non une attestation ne prouve en rien la capacité de son détendeur à maitriser son appellation. Mais là ou je l’ai embarrassé c’est quand je lui ai demandé s’il s’était assuré que Kanazawa Senseï qui dirigeait un stage auquel mon “ami” venait de participer, était bien en possession de son diplôme d’état et que sa ceinture noire était bien officielle. En lui rappelant aussi que Kanazawa Senseï faisait partie de l’organisation qui m’avait attribuée ce niveau et que dans le jury lors de ma présentation il y avait certains maîtres, entre autre Sato Senseï qui avait connu les trois figures historiques affichées sur le mur du dojo que l’on salut pour honorer leur mémoires, alors respect s’il vous plait. Pas facile après ces explications de continuer à argumenter sur le sujet épineux de notre entrevue, mais je pense que son niveau de sagesse à quelque peu évoluer ce jour là vu le réajustement plus modéré de ses propos.

Je ne discute pas d’un diplôme d’enseignant ………… quoique; puisque quand j’ai passé mon tronc commun du BEES, plusieurs étudiant m’ont fait cette confidence, que une fois le diplôme en poche ils feront comme ils veulent !

Pour en revenir à la reconnaissance d’un niveau, il y a peu un élève me demandait si le certificat que nous délivrons en interne avait moins de valeur que celui qu’il pouvait obtenir dans nos instances de tutelle, Bizarre mais la réponse évidente est que de toute façon on ne peut obtenir quoi que ce soit si on n’a pas déjà ce certificat délivré en interne par notre organisation, donc difficile d’attribuer une valeur différente.
J’ai un ami qui a un niveau élevé avec des grades reconnus et présentés dans une fédération française officielle mais qui à chaque fois se représente lors d’un stage au Japon (j’étais présent pour son 5e Dan) et qui m’a avouer que cela représentait pour lui une valeur inestimable.

 

Ceci n’est que estimation personnelle et libre à chacun d’y trouver une satisfaction qui correspond à ces attentes et pour ma part j’attend de voir, d’entendre d’apprécier le comportement d’un pratiquant de quelque niveau que ce soit et également diplômé de n’importe quelle organisation officielle ou non, prestigieuse ou inconnu (ce qui n’est pas incompatible) avant de me prononcer sur le statut que je vais lui accorder.

Si j’osais une comparaison hasardeuse, je prendrais comme exemple le mariage; est ce que il aura plus de valeur dans une vieille église empreinte d’une histoire traditionnelle, culturelle et spirituelle qu’un autre mariage dans la nacelle d’une montgolfière (cela se fait). La réponse viendra certainement au fil du temps et n’est aucunement garantie selon le rite choisi;  comme je le dis souvent c’est l’homme qui donne la valeur de ce qu’il possède et non le contraire.

Mon plus beau diplôme est un rouleau de papier, imitation parchemin et signer de quelques élèves et dont le contenu m’a permis de rester fidèle à mes convictions de la première heure.
Ce petit mot, donné discrètement par quelques élèves et amis, à mes yeux bien plus important que tous les grades et médailles, est un lien véritable entre les êtres où chacun, guidé par celui qui en connait un peu plus, doit un jour découvrir le propre maître qu’il possède en lui même.

A vos plumes

Mais pourquoi donc demander l’équivalence du certificat attribué par notre école dans une autre organisation, à cela plusieurs raisons.

D’une part ce serait prétentieux pour celui qui remet ce diplôme de faire comprendre qu’il ne dépend de rien, qu’il ne peut y avoir  personne au dessus de lui, qu’il se reconnait lui-même comme référence suprême.
D’autre part un diplôme d’origine Japonaise peut traduire notre attachement culturelle et traditionnel des origines de notre pratique  et enseignement; la reconnaissance par ce diplôme en sera le lien, cela signifie aussi que l’intermédiaire par qui vous l’obtenez à suivi un parcours identique pour arriver à son niveau.

Un exemple éloquent de Kanazawa Senseï qui tout en ayant sa propre organisation, a rejoint l’IMAF pour faire certifier son plus haut niveau et accéder au titre honorable prestigieux de MEIJIN (à méditer)
Egalement en ce qui concerne les diplômes que nous pouvons obtenir au nom de notre propre école nous permet d’affirmer notre identité et être reconnu en tant que telle avec la rigueur et le sérieux qui va avec.

Une précision cependant, dans la tradition un certificat n’avait souvent de valeur qu’à partir du moment où l’on restait fidèle à ceux qui nous l’avait délivré, non pas que l’on restait prisonnier mais simplement rester en bonne relation; cela me parait normal puisque c’était un certificat d’école. Maintenant nous assistons à des individus qui critique fort l’organisation dont ils ont obtenu des diplômes mais qui n’hésitent pas à se servir de ces derniers pour se promouvoir ailleurs.

Un test simple sera de demander à votre senseï qui affiche un haut niveau (le fondateur d’une discipline ne s’octroie jamais un grade) dans quelle discipline et quelle organisation il est reconnu. S’il s’avère qu’il peut faire obtenir à ses élèves des certificats de cette organisation, certainement qu’il a suivi un parcours logique et reste apprécié; dans le cas contraire toujours se poser quelques questions. Ne soyez pas surpris si je vous dis que certains hauts niveaux  affichent des grades dans une structure alors que l’on ne les connait même pas (le problème des équivalences) non pas que je met en doute leur niveau technique mais simplement la capacité à être des exemples à suivre en tant qu’homme.

Il y aura toujours des détracteurs de ses grades ou titres délivrés par des organisations reconnues comme authentiques:

  1. Ceux qui ne peuvent pas les obtenir, qui n’ont pas les conditions requises
  2. ceux qui les ont obtenus mais ne peuvent pas vous les faire obtenir (mettant en doute leur propre parcours)
  3. ceux qui ont tout fait pour les obtenir et qui voudraient vous faire croire que ce n’est qu’un bout de papier
  4. idem des ceintures qui pour certains ne sont là que pour tenir le pantalon alors qu’ils ont forcé leur obtention

ZEN

 

En tant de guerre, il faut pratiquer les arts martiaux pour essayer de survivre, en tant de paix pour essayer de vivre mieux et plus longtemps, le Budo prend alors tout son sens.