Philosophie

A méditer
    A développer
        Et surtout essayer d’en tenir compte ………

Ce texte est si beau que je ne peux résister à l’envie de le partager, on ne sait jamais quelques lecteurs peuvent effectivement trouver de quoi alimenter leur soif de réalisation intérieure.

Si à la fin de cette lecture vous vous dites comme moi “si seulement je pouvais être capable de suivre le chemin et voir l’essentiel car à ne pas en douter, j’ai certainement rencontrer ce vieux sage”, continuez à chercher, vous êtes sur la bonne voie car c’est quand on est sûr d’avoir trouvé qu’on est sur la mauvaise route.

Dragon ligne

    Un Roi avait pour fils unique un jeune Prince courageux, habile et intelligent. Pour parfaire
son apprentissage de la Vie, il l’envoya auprès d’un Vieux Sage.

    "Eclaire-moi sur le Sentier de la Vie", demanda  le Prince.

    "Mes paroles s’évanouiront comme les traces de tes pas dans le sable, répondit le Sage. Cependant
je veux bien te donner quelques indications. Sur ta route, tu trouveras 3 portes. Lis les préceptes
indiqués sur chacune d’entre elles. Un besoin irrésistible te poussera à les suivre. Ne cherche
pas à t’en détourner, car tu serais condamné à revivre sans cesse ce que tu aurais fui. Je ne puis
t’en dire plus. Tu dois éprouver tout cela dans ton cœur et dans ta chair. Va, maintenant. Suis
cette route, droit devant toi."

sakura4

   Le Vieux Sage disparut et le Prince s’engagea sur le Chemin de la Vie.

    Il se trouva bientôt face à une grande porte sur laquelle on pouvait lire "CHANGE LE MONDE".
    "C’était bien là mon intention, pensa le Prince, car si certaines choses me plaisent dans ce monde,
d’autres ne me conviennent pas." Et il entama son premier combat. Son idéal, sa fougue et sa vigueur le poussèrent à se confronter au monde, à entreprendre, à conquérir, à modeler la réalité selon son désir.
Il y trouva le plaisir et l’ivresse du conquérant, mais pas l’apaisement du cœur. Il réussit à changer
certaines choses mais beaucoup d’autres lui résistèrent.
Bien des années passèrent.
    Un jour il rencontra le Vieux Sage qui lui demande :
"Qu’as-tu appris sur le chemin ?" "J’ai appris, répondit le Prince, à discerner ce qui est en mon
pouvoir et ce qui m’échappe, ce qui dépend de moi et ce qui n’en dépend pas". "C’est bien, dit le
Vieil Homme. Utilise tes forces pour agir sur ce qui est en ton pouvoir. Oublie ce qui échappe à
  ton emprise." Et il disparut.
     Peu après, le Prince se trouva face à une seconde porte.
On pouvait y lire "CHANGE LES AUTRES".
  "C’était bien là mon intention, pensa-t-il. 
  Les autres sont source de plaisir, de joie et de satisfaction mais aussi de douleur, d’amertume
  et de frustration." Et il s’insurgea contre tout ce qui pouvait le déranger ou lui déplaire chez
  ses semblables. Il chercha à infléchir leur caractère et à extirper leurs défauts.
  Ce fut là son deuxième combat.

Pomme

  Bien des années passèrent.
     Un jour, alors qu’il méditait sur l’utilité de ses tentatives de changer les autres, il croisa
  le Vieux Sage qui lui demanda : "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" "J’ai appris, répondit le Prince,
  que les autres ne sont pas la cause ou la source de mes joies et de mes peines, de mes satisfactions
  et de mes déboires. Ils n’en sont que le révélateur ou l’occasion. C’est en moi que
  prennent racine toutes ces choses." "Tu as raison, dit le Sage. Par ce qu’ils réveillent en toi,
  les autres te révèlent à toi-même. Soit reconnaissant envers ceux qui font vibrer en
  toi joie et plaisir. Mais sois-le aussi envers ceux qui font naître en toi souffrance ou
  frustration, car à travers eux la Vie t’enseigne ce qui te reste à apprendre et le chemin que tu
  dois encore parcourir." Et le Vieil Homme disparut.

Pois

     Peu après, le Prince arriva devant une porte où figuraient ces mots "CHANGE-TOI TOI-MEME".
  "Si je suis moi-même la cause de mes problèmes, c’est bien ce qui me reste à faire," se dit-il.
  Et il entama son 3ème combat. Il chercha à infléchir son caractère, à combattre ses
  imperfections, à supprimer ses défauts, à changer tout ce qui ne lui plaisait pas en lui, tout
  ce qui ne correspondait pas à son idéal.
  Après bien des années de ce combat où il connut quelque succès mais aussi des échecs et des
  résistances, le Prince rencontra le Sage qui lui demanda :
     Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
     "J’ai appris, répondit le Prince, qu’il y a en nous des choses qu’on peut améliorer, d’autres qui nous résistent et qu’on n’arrive pas à briser."
     "C’est bien," dit le Sage.
     "Oui, poursuivit le Prince, mais je commence à être las de ma battre contre tout, contre tous,
  contre moi-même. Cela ne finira-t-il jamais ?
  Quand trouverai-je le repos ? J’ai envie de cesser le combat, de renoncer, de tout abandonner,
  de lâcher prise." "C’est justement ton prochain apprentissage, dit le Vieux Sage. Mais avant
  d’aller plus loin, retourne-toi et contemple le chemin parcouru." Et il disparut.

Poivre

     Regardant en arrière, le Prince vit dans le lointain la 3ème porte et s’aperçut qu’elle portait sur sa face arrière une inscription qui disait

           "ACCEPTE-TOI TOI-MEME."

     Le Prince s’étonna de ne point avoir vu cette inscription lorsqu’il avait franchi la porte la
  première fois, dans l’autre sens. "Quand on combat
  on devient aveugle, se dit-il." Il vit aussi, gisant sur le sol, éparpillé autour de lui,
  tout ce qu’il avait rejeté et combattu en lui :
  ses défauts, ses ombres, ses peurs, ses limites, tous ses vieux démons. Il apprit alors à les
  reconnaître, à les accepter, à les aimer. 
  Il apprit à s’aimer lui-même sans plus se comparer, se juger, se blâmer.
  Il rencontra le Vieux Sage qui lui demanda :
     "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
     "J’ai appris, répondit le Prince, que détester ou refuser une partie de moi, c’est me condamner
  à ne jamais être en accord avec moi-même.
  J’ai appris à m’accepter moi-même, totalement, inconditionnellement."
     "C’est bien, dit le Vieil Homme, c’est la première Sagesse. Maintenant tu peux repasser la 3ème
  porte."
     A peine arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut au loin la face arrière de la seconde
  porte et y lut

           "ACCEPTE LES AUTRES".

     Tout autour de lui il reconnut les personnes qu’il avait côtoyées dans sa vie ; celles qu’il
  avait aimées comme celles qu’il avait détestées.
  Celles qu’il avait soutenues et celles qu’il avait combattues. Mais à sa grande surprise, il était
  maintenant incapable de voir leurs imperfections, leurs défauts, ce qui autrefois l’avait tellement
  gêné et contre quoi il s’était battu.

Poire

     Il rencontra à nouveau le Vieux Sage. "Qu’as-tu appris sur le chemin ?" demanda ce dernier. 
  J’ai appris, répondit le Prince, qu’en étant en accord avec moi-même, je n’avais plus rien à
  reprocher aux autres, plus rien à craindre d’eux.
  J’ai appris à accepter et à aimer les autres totalement, inconditionnellement." "C’est bien,"
  dit le Vieux Sage. C’est la seconde Sagesse.
  Tu peux franchir à nouveau la deuxième porte.
     Arrivé de l’autre côté, le Prince aperçut la face arrière de la première porte et y lut

            "ACCEPTE LE MONDE".

Curieux, se dit-il, que je n’aie pas vu cette inscription la première fois. Il regarda autour
  de lui et reconnut ce monde qu’il avait cherché à conquérir, à transformer, à changer. Il fut frappé
  par l’éclat et la beauté de toute chose. Par leur perfection. C’était pourtant le même monde
  qu’autrefois. Etait-ce le monde qui avait changé ou son regard ?

orange

  Il croisa le Vieux Sage qui lui demanda. 
     "Qu’as-tu appris sur le chemin ?"
     "J’ai appris, dit le Prince, que le monde est le miroir de mon âme. Que mon âme ne voit
  pas le monde, elle se voit dans le monde.
  Quand elle est enjouée, le monde lui semble gai.
  Quand elle est accablée, le monde lui semble triste. Le monde, lui, n’est ni triste ni gai.
  Il est là ; il existe ; c’est tout. Ce n’était pas le monde qui me troublait, mais l’idée que
  je m’en faisais. J’ai appris à accepter sans le juger, totalement, inconditionnellement."
     C’est la 3ème Sagesse, dit le Vieil Homme.
  Te voilà à présent en accord avec toi-même, avec les autres et avec le Monde." Un profond sentiment de paix, de sérénité, de plénitude envahit le Prince. Le Silence l’habita. "Tu es prêt, maintenant, à franchir le dernier Seuil, dit le Vieux Sage, celui du passage du silence de
  la plénitude à la Plénitude du Silence".
     Et le Vieil Homme disparut.

   Texte de Charles Brulhart, Décembre 1995

Trait

Certains  pourront se demander ce que vient faire ce texte spirituel sur ce blog dédié à notre activité sur la pratique des arts martiaux; il en est pourtant un élément essentiel à notre progression “vaincre notre pire ennemi “nous même”

Dragoncool

2 réflexions sur « Philosophie »

  1. Encore merci à Pierre-Yves de témoigner de son intérêt pour ce blog qui se veut un lien d’échange à réagir sur tel ou tel article afin de prouver s’il en était besoin que le partage fait partie intégrante de la philosophie de l’école Taikikan en particulier mais également de tous pratiquants d’un Budo digne de ce nom en général.
    Ce genre d’article permet souvent de se recentrer et de repartir sur de nouvelles bases avec des motivations plus réalistes.

  2. Très joli conte initiatique dont le mécanisme de retour en arrière me rappelle qu ‘ …

    En débutant l’étude du zen,
    les montagnes sont des montagnes et les rivières des rivières.

    Puis vient le temps où …
    les montagnes ne sont plus des montagnes,
    ni les rivières des rivières.

    Et un jour vient l’éveil …
    Et les montagnes sont à nouveau des montagnes
    Et les rivières des rivières.

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