L’ambition

L’ambition, est-ce toujours une qualité ?

L’ambition pourrait se définir comme un désir, parfois immodéré, de réussite personnelle, professionnelle, de s’élever dans la hiérarchie sociale.

Depuis que le monde est monde, l’ambition a été un des moteurs de beaucoup de dirigeants, monarques, chefs de guerre, présidents, personnalités de tous les niveaux de la hiérarchie, qui ont été placés ou se sont placés à la tête de leurs communautés ou de leurs groupes d’influence.

Tant que pour assouvir, notre ambition cela ne porte aucun tort aux autres, sous quelque forme que ce soit, c’est acceptable.

Quand cette ambition a pour unique but de se mettre au service de nos semblables, ceci devient alors très louable ! C’est la preuve d’une haute élévation morale.

Mais, parfois, on tombe dans les dérives et magouilles de toutes sortes afin de l’assouvir.

Malheureusement, nous avons également de nombreux exemples, à travers l’Histoire passée et présente des Peuples, où cette ambition a été la source de multiples malheurs. Lorsque cette ambition, tournée uniquement à leur avantage personnel, dévore ceux qui ont la responsabilité de guider des millions d’Hommes, cela devient dramatique. L’Homme est ainsi fait que pour quelques-uns l’ambition peut les conduire aux pires dérives.

En ce qui concerne certains dirigeants de ce Monde, ces dérives peuvent aller jusqu’à la privation de liberté des peuples qu’ils dirigent.

Couronne

L’ambition tournée uniquement vers soi n’est pas seulement l’apanage des puissants et des riches. Elle atteint également parfois les gens modestes, les sans grades. Par ambition, certains sont prêts à piétiner, voire à dénigrer leurs collègues afin d’obtenir parfois d’hypothétiques avantages, faveurs ou tout simplement s’enrichir. Cela est alors pitoyable. Hélas, ce genre de comportement peut être constaté, par chacun de nous, tous les jours !

Sans prendre les proportions que nous pouvons observer dans la société, cette attitude lamentable peut malheureusement de temps en temps attirer notre attention au sein même d’organisations et clubs d’Arts Martiaux, dont les dirigeants mettent pourtant en avant une certaine philosophie dans la pratique traditionnelle de leur Art, proche des valeurs morales et préceptes du Bouddhisme, lesquels ne sont de ce fait aucunement respectés.

Pour ce petit nombre de pratiquants attirés par des lumières qui ne durent qu’un temps, tels des papillons, et qui s’agitent en tous sens, sans retenue, de manière insistante, auprès de responsables afin d’obtenir le plus rapidement possible des homologations multiples, des reconnaissances de grades, de diplômes, etc…, le respect des principes, faisant la force des Arts Martiaux, semble parfois singulièrement oubliés.

 

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Certains budokas pensent avoir une indéniable valeur, une grande expérience par rapport aux autres…

Ils ont besoin de se mettre en avant, d’être valorisés. Cela leur semble essentiel. C’est leur priorité. Cependant, ces petits agissements, bien entendu moins graves que d’autres, sapent de manière inexorable auprès des pratiquants que nous sommes le crédit et la confiance que nous pouvons avoir envers les organisations dans lesquelles ont lieu ces agissements. Car, de nos jours tout finit par se savoir.

A l’heure où, dans la société, nous accordons à l’apparence une importance trop grande par rapport à l’authentique qui ne cache rien, les déclarations de toutes sortes sonnent étrangement fausses pour la grande majorité des gens, lesquels attribuent de moins en moins de crédits aux paroles et aux promesses diverses.

Les Grands de ce "monde à part ", devrait-on dire, n’affichent aucune gêne, aucun complexe, ni aucun état d’âme, lorsqu’ils transgressent allègrement les règles et principes moraux qu’ils ont la charge de faire respecter par leurs concitoyens.

A l’inverse, de l’autre côté de la barrière, habitués aux pires turpitudes, ces mêmes citoyens, qui sont aussi des victimes à leur corps défendant, semblent comme résignés, pensant sans doute qu’ils n’ont que peu de moyens d’action. A une époque de grande communication cela est étrange ! On communique d’ailleurs de plus en plus par écran interposé, dans un monde virtuel où certains n’arrivent plus à démêler le vrai du faux.

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Nous, adeptes des Arts Martiaux, faisons aussi partie de ce monde. Le paraître, pour heureusement un petit nombre d’entre nous, du moins nous nous plaisons à le croire, prend parfois une importance exagérée.

Dans la société en général et à travers le Monde, comme dans certains sports en particulier, la devise semble être : " L’imbécile, le bêta, le niais ne demandent rien. Ce qui compte, c’est le résultat ! Ces adeptes de pratiques pas toujours en harmonie avec les principes moraux argumenteront à l’aide de qualificatifs de toutes sortes pour expliquer leur comportement : " Il faut être réaliste par rapport à la société actuelle…Il faut savoir saisir l’opportunité au bon moment… Il ne faut pas être timoré… Il faut savoir se vendre et se mettre en valeur… "

Mais, il y a un hic, me semble-t-il lorsqu’il s’agit des Arts Martiaux traditionnels ! Car ces derniers ne rentrent pas encore, heureusement, dans la compétition industrielle et commerciale, comme certains sports qui défrayent la chronique actuellement. Dans ce Monde, seul le résultat compte ! Espérons que notre pratique au sein de cette belle organisation internationale japonaise, qui se veut proche de la tradition, nous aidera à survivre à cette vague qui tente de nous submerger afin de transformer nos disciplines en sports. Nous devons tout faire pour l’y aider chacun à notre niveau.

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En ce qui concerne l’éthique prônée par l’IMAF, chacun de nous doit être conscient que le non-respect des règles établies porte tort à l’organisation toute entière. L’ambition agit comme une drogue dont la sujet atteint a du mal à se dépêtrer. La chose prend d’autant plus d’importance quand le budoka à des responsabilités de gestionnaire ou d’enseignant au sein de son organisation d’Arts Martiaux car, qu’il le veuille ou non, il est comme un modèle pour les pratiquants de base que nous sommes. S’il déçoit, cette organisation en souffrira par la force des choses.

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Mais cela, me direz-vous, n’est pas nouveau sur Terre. Depuis que l’Homme est apparu l’ambition a toujours possédé certains. Tant que ce comportement n’est pas trop exagéré et ne porte tort à personne, comme je viens de l’écrire plus haut, nous en sourions tous.

En conclusion, si nous pouvons assimiler l’ambition à une forme d’orgueil, à l’inverse, le fait de refuser l’honneur que nous font des responsables de la société civile ou d’organisations sportives, en nous remettant un titre, une médaille, un grade, sauf dans des circonstances particulières, peut également parfois être assimilé à une forme d’orgueil.

 

Article soumis par notre ami Daniel CABANNE

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