Valeur d’un diplôme

Etre en possession d’un permis de conduire ne justifie en rien le fait de savoir bien conduire (cela se saurait), mais quand les mauvais conducteurs viennent tous de la même auto-école il faut commencer à s’inquiéter et si en plus les critiques justifiées ou non émanent du responsable de cette auto-école, alors là on touche le fond (tout rapprochement similaire avec qui que ce soit n’est que pure fiction).
Il en est de même pour un diplôme, un certificat ou une reconnaissance de niveau ou de capacité délivré par une organisation (en ce qui nous concerne, d’arts martiaux) quel qu’elle soit par l’intermédiaire de son représentant (vous savez celui qui a le pouvoir suprême).

Effectivement être en possession du permis de conduire si vous vous faites arrêter par les forces de l’ordre est indispensable pour repartir tranquille mais ne vous empêchera nullement d’être un danger public pour les autres.

Je suis adulte et responsable, donc quand je suis coté passager et que je m’aperçois que mon chauffeur conduit d’une façon dangereuse, je ne lui demande pas s’il a son permis de conduire; je lui dis de s’arrêter pour me déposer le plus vite possible et continuer ma route tranquillement (voir à pied, cela va moins vite mais c’est plus sûr à condition de ne pas rester sur la route).

Voiture

 

Il en est de même pour un enseignant d’arts martiaux, que ce soit un diplômé d’une fédération“officielle” ou d’une autre organisation moins officielle, cela ne justifie en rien la garantie de vos connaissances, de votre compétence, de votre niveau technique autant que comportemental (on devrait d’ailleurs donner des cours de comportement et de civilité autant pour certains chauffeurs que pour certains responsables technique).
Surtout si vous vous orientez dans une voie dite traditionnelle à orientation non sportive et encore moins compétitive, il est évident qu’un diplôme “officiel” n’est en rien garant d’un parcours véritablement authentique mais évidemment il y a des exceptions à chaque règle.

tradition

Il est évident qu’au niveau pédagogie, réglementation et anatomie-physiologie un enseignant à en principe un bagage confirmé mais encore faut-il les mettre en pratique et entretenir ses connaissances; mais quand à savoir si cela lui permet de transmettre les valeurs inhérentes à la pratique d’un budo véritable c’est une autre histoire et ce n’est pas un hasard si bien des auteurs de haut niveau ont abordés ce sujet épineux de l’incohérence entre la pratique martiale dite sportive avec sa pédagogie et l’objectif compétitif qui va avec et la pratique martial traditionnelle, un budo qui n’est en fin de compte qu’un support au développement profond de la personne (shin, ghi, tai) ainsi que la communication avec soi-même et les autres; mais tout ceci est largement développé dans des ouvrages prestigieux qu’il ne suffit pas d’avoir lu pour en refléter le contenu.

 Victoire sur soi

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Voici un extrait de message de Claude Falourd Senseï qui a bien connu l’avant structure fédérale officielle

ARTS, selon le Robert, signifie "Habileté, talent, technique, savoir-faire".

Pour étudier, comprendre, assimiler un "Art", qu’elle qu’il soit: Musique, Peinture, Danse, Sculpture, Martial etc… Il est indispensable d’en étudier scrupuleusement les fondamentaux et les bases, de préférence auprès de professeurs reconnus, dûment qualifiés, ayant une longue expérience.

Après de nombreuses années de pratiques et d’enseignements, il est possible, en fonction de ses propres sentiments et personnalités, d’y apporter quelques nuances ou compléments…

Car, par définition, un Art n’a pas de limites ni de frontières. Ce qui fait qu’un pratiquant, devenu "Expert", peut apporter ses propres idées… En fonction de ses propres recherches et expériences.

En résumé, l’Aïkido Jiu-jitsu entre autre, devrait être géré par le Ministère de la culture et non par le Ministère de la jeunesse et des sports, ce qui mettrait fin à la déliquescence des Arts martiaux que l’on constate depuis quelques années en France et en Europe.

Son dernier message vaut bien un beau diplôme :

Effectivement, je confirme que tu fais parti de la même famille des fervents pratiquants des Budo. Au plaisir de te lire, amitiés Budo.

Claude Falourd en Juillet 2016

Egalement en 2002 lors d’un stage à Montereau

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Il est important pour moi de signaler la valeur de cette relation puisque Claude Falourd à étudier l’art martial en lien étroit avec Raymond Cocâtre qui restera ma référence pour l’image que j’ai de l’étude d’un art martial véritable, d’ailleurs voici un extrait de ce qu’en dit Claude F.

C’est avec plaisir que je répond à tes questions concernant Raymond Cocâtre, qui a effectivement pris de nombreux cours particuliers de Karaté, Kendo et Aïkido Jiujitsu avec Jim Alcheik, dés son retour du Japon en 1958, souvent en la présence de N’Guyen Van Nam et de moi-même, son parcours en Jiujitsu, est à 80% identique au mien.

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S’il peut paraître concevable de discuter de la valeur d’un diplôme d’enseignant (officiel ou pas) notamment pour des enfants en bas âge qui devraient pouvoir évoluer en toute sécurité non seulement physique mais aussi éducative (il y aurait fort à dire à ce sujet) les préceptes affichés sur les murs des dojos (terme souvent sans signification profonde) sont souvent mis en avant mais que rarement enseigné (il faudrait pour cela que l’enseignant soi un exemple à suivre)

Il me parait inconcevable de penser qu’un diplôme “DAN” justifie sa valeur par le seul fait qu’il soit officiel; un jour un enseignant me faisant comprendre que son “DAN” était supérieur au mien car reconnu par telle fédération, ma réponse l’a surpris quelque peu:
si là tout de suite je te met un Tsuki non officiel dans le pif, tu penses que tu verras la différence en terme d’efficacité.
Je vais décevoir les admirateurs du guerrier pacifique mais il faut parfois pour se faire comprendre sortir de son idéologie et puis allez on mettra cela sur le dos de la jeunesse (il y a déjà 10 ans)

respect

Par exemple quand vous voyez ce genre de message, on pourrait croire que tous ceux qui n’enseignent pas sous la tutelle d’une fédération “sportive” sont des imposteurs :

Il est à signaler, une nouvelle tendance, qui malheureusement se développe dans nos belles régions. Certains individus, en dehors de toute éthique martiale, et afin de satisfaire leurs égos démesurés, s’octroient ou se font octroyer des grades et/ou Dan par le biais de clubs et/ou de groupements indépendants (aux noms très pompeux) et sans adhérer à une Fédération sportive Martiale. Ses individus (imposteurs) n’ont pas le niveau qu’ils affichent et ne passent pas la moindre épreuve. Pire encore, ces personnes peuvent devenir “professeurs “ d’un club sans jamais avoir reçu la moindre formation! et n’avoir jamais passé d’examen pour l’obtention du diplôme d’enseignant. Il n’est donc de nos jours pas rare de trouver une personne, ayant pratiqué un style d’arts martiaux très peu de temps, rejoindre ces clubs ou groupements et se retrouver du jour au lendemain ceinture noire 4ème, 5ème et même 6ème Dan, ce qui est très dommageable pour nos Arts Martiaux, mais aussi et surtout pour les futurs élèves néophytes qui s’inscriraient dans un club dont le “pseudo professeur“ serait issu de cette nouvelle tendance pour le moins scandaleuse et en dehors de toute étique martiale. Ces mêmes individus/imposteurs prônent le code moral alors qu’ils ne le respectent pas eux même ! Évidemment, tous ces grades et diplômes n’ont de valeur que celle du papier sur lesquels ils sont écrits. Pour en terminer, ces imposteurs, s’octroient chaque années des Dans supplémentaires et donc d’ici 3 à 4 ans ils seront 10ème Dan!!!!!

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Pour ma part tant que je n’ai pas vu l’enseignant prodigué un cours et discuter un peu avec lui je ne me permettrais pas un tel discours qui suppose que l’on est au dessus de tout reproche à partir du moment ou l’on a son diplôme “officiel” en poche.

De plus, il y a quelques aberrations comme le fait qu’un diplômé “officiel”  dans une discipline peut sans même faire le moindre stage non seulement faire voir mais également enseigner tout autre possibilité martiale comme le kobudo (armes anciennes) voir des techniques de iaïdo (le sabre). Il va sans dire que s’il peut subjuguer quelques néophytes, un pratiquant spécifique à ces arts martiaux ne se laissera certainement pas éblouir et restera septique sur le sérieux de la prestation.

Au fait, quand une fédération officielle fait venir un expert Japonais pour un stage de masse, s’assure t’elle que ce maitre a son diplôme “officielle”

Quand j’ai passé mon tronc commun il y a 30 ans, un stagiaire à lancé cette boutade “je passe mon diplôme pour être en règle, après je ferais ce que je voudrais” voilà qui est dit et cela rejoint bien le fameux permis de conduire, s’il était garant d’un savoir responsable il y aurait moins d’accident et il n’y aurait pas besoin d’avoir des contrôles tous les dix kilomètres.

J’ai obtenu dans ma vie de pratiquant des certificats plus ou moins officiels mais au delà de toute apparence ceux qui me tiennent le plus à cœur sont souvent ceux qui ne valent rien “officiellement”

Le certificat qui a le plus de valeur à mes yeux :

Dedicace

Yoseikan 01

R.Cocatre 03

Il y aura un jour sur ce blog un article plus pointu sur l’historique de ces pionniers qui font que le taikibudo vient bien de quelque part avec le respect de certains principes qui font de lui un art martial véritable.

En attendant, le plus beau des diplômes ou certificat est celui que l’on reçoit de ses élèves, en voici un :

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Il est unique et vaut tous les trésors du monde !

Dragon drôle